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French Version: Le développement des relations mutuellement bénéfiques et gagnant-gagnant entre la Chine et le Canada exige des efforts conjoints
Par l'ambassadeur Lu Shaye, publié dans l'annuaire 2017 de la CCBC
2017/09/21

Depuis toujours, la Chine accorde une grande importance au développement des relations sino-canadiennes, tout en faisant la promotion de coopération dans de multiples domaines entre les deux pays. Ceci s'appuie d'un côté sur la politique étrangère indépendante et pacifique de la Chine; de l'autre côté sur les conditions et le potentiel dont disposent les deux pays pour déployer ces coopérations mutuellement bénéfiques. Dans le passé, les relations entre la Chine et le Canada, devançant celles de la Chine avec d'autres pays occidentaux, ont connu de beaux jours, mais aussi des moments difficiles. Nous pouvons très bien en tirer des expériences et leçons. De nos jours, les relations sino-canadiennes étant sur la bonne voie, des problèmes et des défis surgissent de temps en temps. Nous devons y faire face sérieusement.

Depuis que je suis en fonctions au Canada, je me suis rendu dans quelques provinces, comme l'Ontario, le Québec, la Colombie-Britannique, l'Alberta et Saskatchewan, et dans quelques villes comme Toronto, Montréal, Vancouver, Victoria, Calgary, Edmonton, Regina et Saskatoon. J'ai rencontré de multiples fonctionnaires gouvernementaux, visité les milieux industriels et commerciaux, fait des échanges avec des universitaires, des professionnels, des journalistes et des Chinois résidant au Canada, tout cela dans le but de bien comprendre la situation nationale du Canada, d'avoir une idée correcte sur l'état du développement des relations sino-canadiennes et de pouvoir bien réfléchir sur les problèmes existants et les solutions possibles. J'en ai beaucoup appris et aimerais bien partager ici quelques-unes de mes réflexions.

Je trouve au niveau du gouvernement fédéral canadien une attitude favorable aux coopérations sino-canadiennes. L'année dernière, les visites officielles mutuelles entre le premier ministre Justin Trudeau et son homologue chinois Li Keqiang ont ramené les relations bilatérales à un nouvel « âge d'or ». Les ministres du gouvernement fédéral ont aussi successivement visité la Chine pour discuter de coopérations dans divers domaines. Les deux pays ont procédé aux discussions exploratoires sur l'accord de libre-échange et sont parvenus à des consensus après quatre tours de négociations. Les gouvernements locaux canadiens ont également montré un enthousiasme envers les opportunités de coopération avec la Chine. Les quelques provinces que j'ai visitées ont effectivement pris une avance considérable en la matière. La Chine a beaucoup investi et a créé de nombreux emplois dans ces provinces, les échanges bilatéraux y sont en plein essor. Les premiers ministres et ministres délégués de ces provinces ont fréquemment visité la Chine ces dernières années pour trouver des opportunités commerciales. Les milieux industriels et commerciaux canadiens soutiennent aussi fermement le développement des relations sino-canadiennes. Grâce à leurs nombreux contacts avec la Chine et leurs meilleures connaissances sur ce pays, les hommes d'affaires ont bien savouré le charme du grand marché chinois. Le public canadien prête aussi son concours aux coopérations des deux pays. Selon un sondage récemment mené par la Fondation Asie Pacifique du Canada, plus de la moitié des Canadiens sont favorables à la signature de l'accord de libre-échange avec la Chine. Les canadiens que j'ai eu l'occasion de rencontrer manifestent aussi une grande amitié envers la Chine.

Cependant, j'ai remarqué un problème chez les grands médias canadiens: ce qu'ils relatent sur la Chine diffère beaucoup de la réalité que je connais. En fait, la contestation voire l'opposition envers les coopérations sino-canadiennes ne manque pas dans leurs reportages. Ils redoutent que les Chinois volent les technologies canadiennes et dérobent toutes les ressources naturelles du Canada. Ils accusent les entreprises d'État chinoises d'être des organisations fantoches du gouvernement chinois et de menacer la sécurité nationale du Canada. Ils s'opposent à la signature de l'accord de libre-échange, redoutant que le Canada soit susceptible d'en subir des dommages. Ils prétendent même que les intérêts économiques tirés des coopérations avec la Chine par le Canada nuiront à ses propres valeurs et principes sur le problème de la démocratie et des droits de l'homme.

En effet, certains médias canadiens ne se privent pas d'efforts pour fabriquer des nouvelles négatives sur la Chine. Cela provient de leur façon d'observer et de comprendre la Chine à partir d'idéologies stéréotypées. Si la réalité de la Chine ne va pas avec ce qu'ils imaginent, ils préfèrent la déformer plutôt que de changer leurs préjugés, et ainsi imposer une fausse image de la Chine au public canadien. Ce genre de défigurement de la Chine a créé une fausse opinion publique sinophobe qui contrecarre les coopérations du Canada avec la Chine.

Je tiens ici à dire aux amis canadiens que si la Chine était aussi misérable que des médias canadiens le décrivent, comment pourrait-elle devenir la deuxième puissance économique du monde ? Comment parviendrait-elle à dégager 700 millions de ses habitants de la pauvreté en une vingtaine d'années ? Comment pourrait-elle gagner le soutien de plus de 130 pays du monde entier envers l' « Initiative de la ceinture et de la route » proposée par elle? Et enfin, comment serait-il possible que de nombreux pays attendent de la Chine un engagement exemplaire et un leadership capable de donner une nouvelle impulsion au libre-échange et lutter contre les changements climatiques ?

Dans le contexte global où le redressement économique manque de force motrice, la mondialisation économique se heurte à des obstacles. Face à la montée du protectionnisme, seule une coopération étroite permet à la Chine et au Canada de relever tous ces défis d'une façon efficace.

Nous devons nous en tenir à l'égalité et à la confiance mutuelle. La Chine est un partenaire égal au Canada. Celui-ci ne doit pas la prendre comme un ''hétérogène'' et lui coller une étiquette idéologique. Seule la confiance réciproque peut nous conduire à une coopération sincère.

Nous devons également nous en tenir au principe d'avantage réciproque dans un rapport gagnant-gagnant. On ne peut penser qu'à ses propres profits sans se soucier de ceux des autres ; il ne va pas de soi non plus qu'un gain gagné par une partie signifie un dommage subi par l'autre. D'ailleurs, nous ne pouvons en aucun cas s'approprier des intérêts au détriment de ceux de notre partenaire. Les avantages réciproques dans un rapport gagnant-gagnant sont la pierre angulaire d'une coopération durable.

Nous devons instaurer une vision stratégique. La Chine constitue un marché considérable avec plus de 1,3 milliards de population, un trésor inépuisable pour le Canada. Seule une vision stratégique nous permettra de découvrir le potentiel des coopérations sino-canadiennes, de consolider notre volonté d'avancer en balayant tous les obstacles sur le chemin à parcourir.

Je suis plein de confiance dans l'avenir de la coopération entre la Chine et le Canada.

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